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Lectures de Lucrèce

Le Centre Transdisciplinaire d’Épistémologie de la Littérature et des Arts vivants revendique dans son nom même une transdisciplinarité qu’il pratique et théorise depuis plus d’une dizaine d’années. Cette notion s’est substituée à celle de pluridisciplinarité qui apparaissait dans le nom précédent du laboratoire (Centre de Recherches Littéraires Pluridisciplinaires). L’article 3 de la Charte de la Transdisciplinarité résume bien le cadre épistémologique dans lequel se situe la démarche du CTEL : « La transdisciplinarité est complémentaire de l’approche disciplinaire ; elle fait émerger de la confrontation des disciplines de nouvelles données qui les articulent entre elles ; et elle nous offre une nouvelle vision de la nature et de la réalité. La transdisciplinarité ne recherche pas la maîtrise de plusieurs disciplines, mais l’ouverture de toutes les disciplines à ce qui les traverse et les dépasse[1] ». La riche pluridisciplinarité qui caractérise l’Université Nice Sophia Antipolis constitue dans cette perspective un atout majeur. Aussi le CTEL propose-t-il d’ouvrir à la communauté scientifique de l’UNS un projet Lectures de Lucrèce dont le sujet lui paraît particulièrement propice à la mise en œuvre d’une telle démarche transdisciplinaire.

 

En effet, le De rerum natura de Lucrèce est un texte fondateur à plusieurs titres :

1) en tant qu’expression littéraire de l’épicurisme dont il est devenu le principal vecteur de transmission, les ouvrages d’Épicure ne nous étant pour l’essentiel pas parvenus à l’exception des lettres conservées par les citations qu’en a faites Diogène Laërce ;

2) en tant que premier grand poème scientifique qui inaugure un genre littéraire qui connaîtra son heure de gloire au XVIIIe siècle, la science restant une source d’inspiration poétique importante au XIXe siècle, comme le montre une récente anthologie[2], et le genre connaissant une résurgence significative dans la seconde moitié du XXe siècle ;

3) en tant que réservoir d’images poétiques et de topoï appelés à une grande fortune, du locus amoenus au Suave mari magno en passant par leclinamen.

 

La réception de Lucrèce constitue donc un pan majeur de la culture européenne puis mondiale même si c’est de manière moins manifeste que celle d’Ovide, par exemple, le caractère dissident de l’épicurisme vouant surtout Lucrèce à nourrir la création de courants contestataires, tel celui de la pensée libertine au XVIIe siècle ou de la propagande antireligieuse dans le contexte révolutionnaire avec le Lucrèce français de Sylvain Maréchal. Mais Lucrèce a inspiré aussi des créateurs qui se situaient dans un rapport plus complexe à l’épicurisme, qu’il s’agisse de la tentative d’assimilation de l’épicurisme chrétien à la Renaissance et à l’âge classique ou, à rebours, de l’usage polémique, par exemple dans L’Anti-Lucrèce du cardinal de Polignac au XVIIIe siècle. Si la réception de Lucrèce depuis la Révolution française a fait l’objet d’études récentes dans le domaine de la philosophie, le champ de la création littéraire et artistique contemporaine a été moins exploré alors même que les résurgences lucrétiennes y sont nombreuses, dans la poésie, chez Jacques Réda ou Jean-Christophe Bailly, entre autres, dans la chanson, avec Hubert-Félix Thiéfaine chez qui se télescopent l’atomisme de Lucrèce et la physique quantique ou chez Stuart Davis qui a composé et chanté en latin un pastiche lucrétien dans Rerum natura, un des titres de son album Kid Mystic (1997), et bien sûr dans les arts vivants. La place du De rerum natura dans la création chorégraphique actuelle est, en effet, remarquable, en France avec Turba de Maguy Marin (2007), comme en Italie avec la trilogie La natura delle cose de Virgilio Sieni (2010) dont la dramaturgie a été conçue en collaboration avec le philosophe Giorgio Agamben. Si Lucrèce a aidé Virgilio Sieni à « dépeindre le monde dans sa nudité[3] », il s’agirait, pour le cinéaste Franco Piavoli, de partir sur les traces de Lucrèce en quête de « l’alphabet perdu de la réalité[4] ».

 

L’épicurisme en général et Lucrèce en particulier connaissent depuis plusieurs années un regain d’intérêt, dont témoigne le succès rencontré, en dehors même des milieux scientifiques, par The Swerve (traduit en français sous le titre Quattrocento), l’ouvrage de Stephen Greenblatt, qui a reçu le National Book Award en 2011 et le prix Pulitzer en 2012. L’auteur, professeur de littérature anglaise à Harvard, fait de la découverte par le Pogge, en 1417, d’un manuscrit du poème de Lucrèce, et de sa diffusion dans les cercles humanistes la « déviation » (swerve) qui a engagé l’humanité sur la voie de la modernité, l’histoire de la survie de Lucrèce illustrant ainsi en quelque sorte sa propre théorie du hasard et du clinamen. La vivacité des débats suscités outre Atlantique par cet essai prouve qu’en ce début du XXIe siècle le De rerum natura conserve une brûlante actualité.  Dans ce contexte, il pourrait être fructueux de faire dialoguer autour de la réception de cette œuvredes spécialistes non seulement de la littérature, des arts et de la philosophie de diverses époques mais aussi de tous les champs de la connaissance qu’aborde ce poème.

 

Dans un ouvrage qui a fait date, Michel Serres a évoqué La Naissance de la physique dans le texte de Lucrèce. Si la justesse de l’intuition lucrétienne en la matière ne peut effectivement que susciter l’étonnement et la réflexion épistémologique sur le pouvoir heuristique de la création littéraire, elle provoque chez le scientifique d’aujourd’hui, comme l’a fait remarquer Jean-Marc Lévy-Leblond, des sentiments contrastés de familiarité et d’étrangeté : « j’y reconnais une partie de nos idées sur la matière, l’espace, l’infini… mais la façon de penser de Lucrèce n’a rien à voir avec nos représentations théoriques modernes[5] ». D’où la place très singulière du poète latin : « Ainsi, Lucrèce, du point de vue de la science moderne, a souvent raison… pour de mauvaises raisons ! Cette dualité fait de son texte un extraordinaire banc d’essai épistémologique[6] ». En outre, lorsque Lucrèce offre à ses lecteurs comme modèle du principe combinatoire à l’œuvre dans la nature la production textuelle à partir d’un nombre limité de lettres, il manifeste la force du paradigme alphabétique dont la prégnance reste incontestable aujourd’hui. On pense en particulier à la génétique à propos de laquelle Denis Buican écrit : « si Mendel doit être considéré, à juste titre, comme le père de la génétique, alors le philosophe poète Lucrèce en est l’aïeul »[7]. Comme on l’a souvent remarqué, il y a chez Lucrèce une prédilection pour le monde du vivant et on a pu montrer que son poème reposait sur une connaissance précise du corpus médical antique. La question de la place de Lucrèce dans l’histoire des sciences paraît donc cruciale et semble fournir une occasion privilégiée de dialogue entre scientifiques et littéraires. Le domaine des sciences humaines est évidemment concerné aussi, qu’il s’agisse de l’anthropologie,  de la psychologie, des sciences du langage, de la sociologie ou même de l’économie, comme en témoignent les pistes ouvertes par le récent essai d’Étienne Helmer, Épicure ou l’économie du bonheur.

 

Le CTEL souhaiterait donc engager une réflexion largement transdisciplinaire dans le cadre d’un séminaire de recherche dont les travaux seront publiés aux éditions Droz. Le projet s’articule en quatre axes complémentaires afin de pouvoir envisager la réception de Lucrèce dans toute sa richesse et sa complexité.

 

1.           Un premier axe « Arts vivants, chanson et cinéma » interrogera la place de Lucrèce dans la création contemporaine en organisant des rencontres avec des créateurs pour lesquels le De rerum natura a joué un rôle déterminant. Il s’agira d’étudier le passage de la « danse des atomes » à celle des corps, de réfléchir sur la présence du texte dans le spectacle (très remarquable chez Maguy Marin par exemple) mais aussi sur la manière dont l’articulation entre éthique et esthétique, qui est au cœur du projet lucrétien, continue à être interrogée par les arts vivants aujourd’hui.  Les résurgences lucrétiennes dans la chanson contemporaine permettront une étude des modes d’appropriation du texte lucrétien (citation, allusion, pastiche) mais aussi des transferts culturels opérés et de la dimension proprement musicale des expérimentations menées sous le patronage de Lucrèce. Enfin le paradigme alphabétique qui permet à Lucrèce d’offrir au lecteur son poème comme espace d’expérimentation sensible de l’atomisme pourra être mis en relation avec les écritures chorégraphiques et cinématographiques dans leur spécificité.

 

2.           Le deuxième axe « Littérature antique, moderne et contemporaine » s’attachera plus particulièrement aux deux caractéristiques fondamentales du De rerum natura d’un point de vue générique. Il s’agira tout d’abord d’étudier dans toutes ses dimensions et ses implications le paradoxe du projet même de Lucrèce qui entreprend de transmettre sous une forme poétique la pensée d’un philosophe dont la défiance envers la poésie était notoire. La comparaison avec l’œuvre de Philodème de Gadara, son contemporain, comme avec ses émules plus tardifs, de la Renaissance au XXIe siècle, constituera le fil directeur de ces recherches. On sera également attentif à l’histoire de la transmission du texte par l’édition, le commentaire et surtout la traduction, qui, s’agissant d’un poème où le rythme et les sonorités jouent un si grand rôle, relève toujours de la gageure. Il s’agira enfin d’étudier le rôle décisif de Lucrèce dans l’émergence et surtout dans les résurgences de la poésie scientifique, la référence lucrétienne s’imposant comme incontournable y compris pour les détracteurs de l’atomisme comme en témoigne L’Anti-Lucrèce du Cardinal de Polignac dont l’importance dans les milieux littéraires et philosophiques mais aussi scientifiques fut considérable en son temps. On étudiera enfin les enjeux de la référence lucrétienne dans les résurgences contemporaines de cette poésie scientifique, de la Petite cosmogonie portative de Raymond Queneau à  La Physique amusante de Jacques Réda.

 

3.           Un troisième axe s’efforcera de cerner aussi précisément que possible la place de Lucrèce dans l’histoire des idées pour remettre en question un certain nombre de préjugés qui ont la vie dure. Pour l’Antiquité, la question d’une éventuelle « conspiration du silence » autour du poète est indissociable de celle des implications politiques de son œuvre, question qui a donné lieu au milieu du XXe siècle à un débat polémique et qu’il serait sans doute utile de reprendre à nouveaux frais. Sans céder à la séduction exercée par le motif d’une renaissance absolue de Lucrèce grâce à la découverte d’un manuscrit du De rerum natura par le Pogge en 1417, séduction que Stephen Greenblatt a su mettre en œuvre avec virtuosité dans son récent essai, on reviendra également sur la présence paradoxale de Lucrèce dans la théologie chrétienne, étudiée dès la fin du XIXe siècle[8]. Lucrèce permet donc de poser avec une acuité particulière la question de la « survivance » de la culture antique, ce terme employé par Jean Seznec ayant été contesté par Hans Robert Jauss. De la Renaissance à l’âge classique l’existence d’un épicurisme chrétien ne soulève pas moins de questions méthodologiques : comment apprécier la part de la prudence et celle de la conviction dans cette approche syncrétique de pensées souvent tenues pour inconciliables ? Pour le XVIIIe siècle, en revanche, il s’agira plutôt d’étudier la référence lucrétienne en tant que pierre de touche qui révèle des lignes parfois imperceptibles dans le paysage intellectuel des Lumières. Enfin l’étude des résurgences lucrétiennes dans la philosophie contemporaine, notamment sous l’impulsion de Gilles Deleuze, permettra de montrer comment la pensée du clinamen, si souvent dénoncée au cours des siècles comme une inconséquence par les détracteurs de l’épicurisme, se révèle d’une étonnante modernité en tant que fondement d’un « matérialisme aléatoire », par opposition au « matérialisme mécaniste » de Démocrite.

 

4.           Le quatrième axe, « Épistémologie, histoire des sciences, didactique », sera le plus largement transdisciplinaire. Lucrèce ne cesse de rappeler tout au long de son poème, notamment en s’adressant à Memmius qui en est présenté comme le destinataire, le souci pédagogique qui est le sien et la difficulté de sa tâche. Le but qu’il se fixe est « d’éclairer les obscures découvertes des Grecs » (Graiorum obscura reperta/ […] inlustrare, I, v. 136-137), c’est-à-dire de donner accès à « des notions fort abstraites et contre-intuitives[9] ». La méthode épicurienne d’inférence de l’inévident (a0dh=lon) est-elle aujourd’hui absolument caduque, sur le plan épistémologique et didactique et, si oui, à quel moment situer une éventuelle fracture épistémologique ? Une autre interrogation, d’ordre épistémologique et historique, qui s’impose à la lecture de Lucrèce est celle du « rôle sans doute constitutif de l’écriture alphabétique dans la naissance de la science[10] ». On a déjà émis l’hypothèse que si, en latin comme en grec, le même mot désigne à la fois la lettre et l’atome, la seconde acception dérive de la première et non l’inverse. Mais Lucrèce va bien au-delà du simple jeu sur cette synonymie : il l’associe au paradigme du tissage qui lui permet aussi bien de penser son poème comme tissu de lettres (un texte dans l’acception étymologique du terme) que la matière comme tissu d’éléments dont la texture plus ou moins subtile détermine les particularités[11]. Lucrèce est donc l’un des premiers à postuler ce que le philosophe allemand Hans Blumenberg appelle « la lisibilité du monde » (Lesbarkeit der Welt) dont l’histoire en Occident est particulièrement riche et complexe, avec le parallèle instauré dans le contexte chrétien médiéval entre les deux livres de Dieu, la Bible et le livre de la nature, et scandé par des inflexions décisives, telle celle de Galilée qui affirme que ce livre de la nature est écrit en langage mathématiques et ne peut donc être lu que par le mathématicien.

 

Comme on l’aura compris à la lecture de ce qui précède, ces différents axes ne sont nullement cloisonnés et l’enjeu transdisciplinaire de ce projet réside précisément dans leur interaction. Si chacun d’eux pourra donner lieu à des manifestations scientifiques spécifiques, le séminaire constituera l’espace commun d’une réflexion dont les résultats seront publiés dans un ouvrage à paraître aux éditions Droz.

 

 

Bibliographie indicative

 

Ballestra-Puech, Sylvie,  Templa serena : Lucrèce au miroir de Francis Ponge, Genève, Droz, 2013.

Blumenberg, Hans, Die Lesbarkeit des Welt [1983], trad. Pierre Rusch et Denis Trierweiler sous le titre La Lisibilité du monde, Paris, Éditions du Cerf, 2007.

Bollack, Mayotte, La Raison de Lucrèce. Constitution d’une poétique philosophique avec un essai d’interprétation de la critique lucrétienne, Paris, Minuit, 1978.

Brown, Alison, The Return of Lucretius to Renaissance Florence, Cambridge (Mass.), Harvard University Press, 2010.

Chométy, Philippe, « Prolongation poétique des idées cartésiennes, des Principes de philosophie de Genest à l’Anti-Lucrèce de Polignac », Les Lumières en mouvement : la circulation des idées au XVIIIe siècle, éd. Isabelle Moreau, Paris, ENS éditions, 2009, p. 127-156.

Darmon, Jean-Charles, Philosophie épicurienne et littérature au XVIIe siècle en France : études sur Gassendi, Cyrano de Bergerac, La Fontaine, Saint-Evremond, Paris, P.U.F., 1998.

Del Lucchese, Filippo, Morfino, Vittorio, Mormino, Gianfranco (éd.), Lucrezio e la modernità : i secoli XV-XVII, atti del Convegno internazionale, Università di Milano-Bicocca, 13-14 dicembre 2007, Napoli, Bibliopolis, 2011.

Delattre, Daniel etPigeaud, Jackie (éd.),  Les Épicuriens, Paris, Gallimard, « Bibliothèque de la Pléiade », 2010.

Dufau, Benoît, « Flaubert et Lucrèce dans la Correspondance : de la gentillesse à la mauvaise humeur », Flaubert, Style/Poétique/Histoire littéraire, mis en ligne le 3 novembre 2013, URL : http://flaubert.revues.org/2089

Dufau, Benoît, "Flaubert, Lucrèce et Spinoza: la danse des atomes dans la Tentation de 1849", Revue d'Histoire Littéraire de la France, 2014/4 (vol. 114), p. 843-858.

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Gigandet, Alain, Fama deum : Lucrèce et les raisons du mythe, Paris, Vrin, 1998.

Gigandet, Alain, Lucrèce. Atomes, mouvement : Physique et éthique, Paris, P.U.F., « Philosophies » 145, 2001.

Gigandet Alain (éd.), Lucrèce et la modernité : le XXe siècle, Paris, Armand Colin, 2013.

Greenblatt, Stephen, The Swerve : How the World Became Modern, New York, W.W. Norton & Company, 2011 ; trad. Cécile Arnaud sous le titre Quattrocento, Paris, Flammarion, 2013.

Helmer, Étienne, Épicure ou l’économie du bonheur, Neuvy-en-Champagne, Le passager clandestin, « Les précurseurs de la décroissance », 2013.

Johnson, Walter R., Lucretius and the Modern World, Londres, Duckworth, 2000.

Kennedy,Duncan, Rethinking Reality : Lucretius and the Textualization of Nature, University of Michigan Press, 2002.

Lestringant, Frank (éd.), La renaissance de Lucrèce, Paris, Presses de l’Université de Paris-Sorbonne, « Cahiers V. L. Saulnier » 27, 2009.

Louâpre, Muriel, Marchal, Hugues et Pierssens Michel (éd.), La Poésie scientifique, de la gloire au déclin, actes du colloque international de Montréal (2010), ouvrage électronique mis en ligne en janvier 2014 sur le site Épistémocritique : www.epistemocritique.org.

Luminet, Jean-Pierre (éd.), Les poètes et l’Univers : anthologie, Paris, Le Cherche-Midi, 1996, rééd. 2002 et 2012.

Luminet, Jean-Pierre, Couquiaud Maurice (éd.), Les poètes et le cosmos : de Héraclite à Saint-John Perse, numéro spécial de Poésie 1/ Vagabondages, n°17, Paris, Le Cherche-Midi, 1999.

Marchal, Hugues (éd.), Muses et Ptérodactyles. La poésie de la science de Chénier à Rimbaud, Paris, Le Seuil, 2013.

McKenna, Antony et Moreau, Pierre-François (éd.), Libertinage et philosophie au XVIIe siècle 7 : La résurgence des philosophies antiques, Saint-Etienne, Institut Claude Longeon, Publications de l’Université de Saint-Étienne, 2003.

McKenna, Antony, avec la collaboration de Fabienne Vial-Bonacci, Molière dramaturge libertin, avec un appendice bibliographique : « Épicure et l’épicurisme à la Renaissance et à l’âge classique », Paris, Champion, 2006.

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Serres, Michel,La Naissance de la physique dans le texte de Lucrèce, Paris, Minuit, 1977.

Shoaf, Richard Allen, Lucretius and Shakespeare on the Nature of Things, Cambridge Scholars Publishing, 2014.

Wilson, Catherine, Epicurism at the Origins of Modernity, Oxford, Clarendon Press, 2008.



[1] Charte de la Transdisciplinarité adoptée au Premier Congrès Mondial de la Transdisciplinarité (Arrabída, Portugal, novembre 1994) en ligne sur le site du Centre International de Recherches et Études transdisciplinaires : http://ciret-transdisciplinarity.org

[2] Hugues Marchal (éd.), Muses et Ptérodactyles. La poésie de la science de Chénier à Rimbaud, Paris, Le Seuil, 2013.

[3] Virgilio Sieni, « Dépeindre le monde dans sa nudité », interview dans Philosophie Magazine, n°46 (janvier 2011).

[4] « L’alfabeto perduto della realtà » est le titre donné à la rétrospective de l’œuvre de Franco Piavoli (22-24 janvier 2014) par le Centro Sperimentale di Cinematografia (Rome). Il est emprunté au compte rendu très élogieux que Tullio Kezich avait fait du film Il pianeta azzuro, sous le titre « La vita, che meraviglia » dans La Repubblica du 29 août 1982.

[5] Jean-Marc Lévy-Leblond, « De remarquables prémonitions», Philosophie Magazine, n°46 (janvier 2011).

[6] Ibid.

[7] Denis Buican, Mendel et la génétique d’hier et d’aujourd’hui, Paris, Criterion, 1993, p. 12.

[8] J. Philippe, « Lucrèce dans la théologie chrétienne du IIIe au XIIIe siècle », Revue d’histoire des religions, t. XXXII (1895), p. 284-302 ; t. XXXIII (1896), p. 19-36 et 125-162.

[9] Jean-Marc Lévy-Leblond, « De remarquables prémonitions », op. cit.

[10] Ibid.

[11] La fascination de Lucrèce pour l’extrêmement ténu rencontre de manière étonnante certaines expériences récentes telle cette « danse des atomes » filmée en septembre 2013 par des chercheurs de l’Université Cornell et de l’Université d’Ulm sur une feuille de verre d’une épaisseur d’à peine deux atomes (http://www.sciencesetavenir.fr/fondamental/20131016.OBS1284/la-danse-des-atomes-du-verre-brise.html). On voit dans ce compte rendu comment la métaphore lucrétienne de la « danse des atomes » s’impose au scripteur pour évoquer le phénomène.