Projet 6 : Corrélats neuronaux liés à la perception de séquences homophones

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Objectifs

Dans la plupart des systèmes d’écritures, la frontière entre les mots est généralement indiquée par des espaces blancs. En revanche, dans le signal de parole, il n’existe pas d’indices clairs et univoques qui permettent de marquer le début et la fin des mots. La parole est dite « continue » (Fig. 1), sans marque explicite de frontière entre ses composants, que ce soit les syllabes, les mots et même éventuellement les phrases. Lorsqu’il est exposé à un flux de parole, l’auditeur doit donc établir une relation entre deux univers que sont l’univers physique des sons du langage et l’univers symbolique des énoncés. Et, du fait de la continuité du signal, la compréhension de la parole passe implicitement par une étape de segmentation de la chaîne parlée en mots. Ce problème de segmentation se pose dans de multiples contextes : pour l’acquisition de la langue maternelle, mais également dans le domaine de la reconnaissance des mots parlés et pour l’acquisition d’une deuxième langue. Dans nos expériences nous nous intéresserons à l’exploitation d’indices acoustiques fins comme ceux présents entre deux séquences homophones comme l’ami / la mie. En conditions naturelles et en contexte, la désambiguïsation de ces séquences ne pose pas de problème au système de reconnaissance, cependant lorsque les séquences sont présentées en isolation la tâche devient plus compliquée (tout en restant faisable et largement au-dessus du hasard) surtout s’il y a de la variabilité de production. Nous avons montré dans des expériences EEG précédentes que le système est capable de différencier les séquences comme l’ami / la mie lorsque celles-ci sont présentées en isolation. Le système semble capable d’exploiter dans ce cas des marques ou indices présents dans le signal afin de repérer les débuts et /ou fins des mots. Cependant des résultats comportementaux suggèrent qu’en présence de contexte l’identification des homophones s’appuie essentiellement sur les informations sémantiques même lorsque les informations acoustiques et sémantiques sont incongruentes comme dans l’ami de pain. L’expérience proposée dans ce projet visera à établir dans quelle mesure les indices acoustiques fins viennent moduler l’activation sémantique des mots, ce que les données comportementales ne permettent pas d’établir. Nous nous intéresserons en particulier à la N400 et à la P600, qui sont des composantes EEG associées au traitement des mots, particulièrement aux violations linguistiques de nature sémantique et syntaxique respectivement, mais aussi la N200 qui peut refléter de discordances orthographiques.

Porteur : Fanny MEUNIER

Partenaires : BCL, LAPCOS, LPNC, Univ. Grenoble Alpes

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