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Thème II - Résumé

POIEMA

Responsables : Béatrice Bonhomme, Sandrine Montin, Josiane Rieu

 

Introduction

La poésie n’est « pas seule ». Au cœur de notre projet, il y a la primauté des liens, et de leur fécondité. Filiation, interaction, communauté. Il s’agit de relier, de réinventer des liens. Dès lors, prend sens le souci conjoint d’une dimension internationale, de l’interdisciplinarité et de l’intertextualité, qui caractérise  notre projet de recherche.

       La poésie est mémoire textuelle, circulation de fragments de textes dans la mémoire discursive d’une collectivité et des individus qui la composent. On n’écrit jamais seul, mais niché dans une mémoire généralisée, mur de textes légendés où la création s’engendre d’une lecture et d’une réécriture de textes antérieurs. La poésie s’invente à partir d’une généalogie interne, elle est traversée de l’héritage du patrimoine universel des créations poétiques, riche des traditions, et puise à ce trésor pour des créations nouvelles, mémoire et circulation qui affluent vers l’avenir. Quels sont les secrets des gestes et des motions de la création poétique au cours de l’histoire ?Comment faire du neuf sans détruire les filiations, repenser (et relire) le passé autrement, avancer des propositions syntaxiques ou prosodiques originales, croiser modernité et tradition, admirer profondément les grandes œuvres du passé et tenir bon sur un caractère novateur, ouvrir des voies nouvelles tout en tenant compte d’un héritage retraversé, élagué, circulant dans le contemporain des auteurs?

       Réinjecter de la vie, faire que ce qui s’est figé redevienne instant de conviction, restaurer le souffle vital d’un mouvement dans la « mer gelée » des discours arrêtés, voilà pour nous le propre de la poésie, et ce qui justifie notre passion pour elle. La parole médusée, paralysante, cesse de l’être. Rouvrir le dossier de la poésie, c’est contribuer à rouvrir le dossier de la langue, langue inventée dans la langue. Le texte poétique est à l’image de toute littérature qui demande aux humains de l’éprouver, de la compléter dans l’expérience. La poésie attise le désir de partager à nouveau, dans une humanité neuve dont le langage est le dépositaire. Ainsi le centre de notre interrogation essentielle sur la poésie, à travers les différentes ramifications de notre projet, sera : Qu’est-ce qui continue de se transmettre depuis la poésie ? Fait-elle signe vers une éthique future ? La poésie comme texte fondateur demande-t-elle à être continuée ? L’obligation de recommencer la poésie crée-t-elle l’historicité de l’humain ?

       On pourra pourtant objecter, et semble-t-il à juste raison, que ce concept d’irrigation du passé pour et vers l’avenir, ne caractérise pas seulement la poésie, mais toute écriture. Alors la question de notre Axe de recherche sera : Quel rapport privilégié la poésie entretient-elle avec les problèmes du passé et de l’avenir, avec la mémoire vive, la vie comme mouvement de l’échange vital ?

       La multiplicité des voies de notre  recherche n’est pas le signe d’un éparpillement, mais une série de points de vue sur un fait unique. La poésie est pour nous le mode d’expression qui coïncide le mieux avec l’idée d’un échange réciproque du passé et de l’avenir. Cet échange, prenant en charge la totalité du temps, peut être dit « communauté », non seulement comme formes communes déroulées par l’histoire du politique, mais une communauté de sens plus large, englobant tout rapport des humains entre eux et avec l’univers. La poésie renvoie à l’idée de peuple et de communauté. A ce titre peuvent se rassembler tous les aspects de notre travail et sa prospective.

       Car la poésie est reliée profondément au plus ancien qu’il s’agisse des formes les plus reculées d’oralité, ou des communautés tribales régies par le mythe. Elle est reliée à la vérité, au sens de décision de « ne pas oublier ». Elle est reliée au non-conceptuel, le concept étant « volatilisé » par la force du souffle qu’expriment le mot et sa connotation prélogique. Elle est reliée enfin au cosmos, car elle amoindrit la place du sujet-roi, et fait « revenir le monde » dans un voyage « au dehors ». Si l’on peut ainsi le dire, la poésie est l’entre-langue des hommes les moins touchés par le concept, la science, la technique, et elle prête sa voix aux règnes non-humains, végétaux, animaux, êtres inorganiques. Elle est à la fois l’englobant et le socle à partir desquels peuvent s’échanger les cultures les plus différentes, les époques les plus éloignées, les conceptions les plus diverses du monde. On retrouve donc dans la poésie la politique au sens large (la question de la communauté), la vie dans son dialogue fort avec la mort, la tradition et la traduction, l’ekphrase, l’exigence d’internationalisme, d’universalité et, plus en détail, le rythme.

       Plus précisément, l’aspect novateur de la poésie est ce mouvement d’échange et de retour du passé vers l’avenir, des cultures les plus anciennes aux plus récentes, des règnes les plus valorisés (l’homme) aux plus méprisés. La novation vient d’une résistance (qui l’apparente à tous les arts) aux tendances pseudo-progressistes qui veulent abandonner le « passé » et valoriser toujours plus la figure emblématique de l’homme et ses productions, ce qui revient à négliger ce sans quoi elles seraient impossibles, la terre-paysage qui les supporte, les êtres non-humains, la voix très ancienne qui remonte le cours de l’histoire, et cette lutte fragile entre vie et mort, qui nous donne énergie d’exister. C’est ce mouvement d’échange qui porte la poésie toujours plus loin dans l’entente du monde. C’est lui que nous voudrions, par nos pratiques variées, manifester et analyser, en tant qu’universitaires et créateurs qui réinventent les liens.

Nous allons ainsi décrire les grands gestes qui président à notre projet. Nous travaillons, en effet,  sans relâche, à redonner sa place à la poésie en déclinant notre travail suivant 3 axes :

- Sources antiques et spirituelles,

- Conservatoire de poésie moderne et contemporaine,

- « La poésie n’est pas seule ».

I.  Sources antiques et spirituelles

       Tandis que, selon le philosophe Janicaud, la phénoménologie française a été saisie d’une dérive religieuse, « l’autoréférentialité » et « l’affleurement de présence » semblent caractériser et la poésie et la tradition biblique. L’étude des siècles anciens (Antiquité, XVIe, XVIIe siècle) ouvre sur les processus de création une perspective d’universalité, en mettant en lumière leurs dimensions philosophiques, métaphysiques, spirituelles, éthiques et anthropologiques. Le dialogue entre les cultures et entre les siècles se réorganise sans cesse dans un dynamisme conquérant, au service d’une vision de l’humanité, et en fonction de l’évolution des épistémés. La poésie à la Renaissance par exemple, devient une figure des capacités créatrices de l’homme et de leur valeur, dans l’art comme dans toute action posée dans le monde. Les significations symboliques du champ poétique s’enrichissent de résonances infinies. La culture prend une valeur spirituelle. Pendant des siècles le poète puise aux sources antiques, mais aussi bibliques et spirituelles pour construire son univers de representation et contribuer à l’immense dialogue de l’aventure humaine. Les textes sont parcourus de chemins de liaisons, de sens, qui devenaient chemins de vie, et rassemblaient les fils de la connaissance et de la méditation sur le visible et l’invisible.

1) La fécondité et l’orchestration des sources

Comment les auteurs au cours des siècles utilisent-ils la généalogie des notions, des representations pour enrichir leur propre creation?

Ce qui a été fait

-La douceur en littérature, de l’Antiquité au XVIIe siècle, dir. Hélène Baby et Josiane Rieu, Paris, Classiques Garnier, 2012 (661 p.) Nous avons voulu analyser une notion, la douceur, dans un colloque qui a permis de rassembler des spécialistes internationaux pour confronter leur recherche en abordant la notion sur les plans de la spiritualité, de la représentation du monde, des arts du spectacle et des questions de rhétorique et de poétique, et qui a donné lieu à l’ouvrage. Il est apparu que la notion de douceur est particulièrement propice à une fonction médiatrice, favorisant les passages et les glissements entre des réalités éloignées, et jouant un rôle actif à l’époque des guerres civiles ou des confrontations politiques. Cette dimension opératoire est une découverte majeure : en effet, il ne s’agissait pas de considérer la douceur comme un thème, ni comme une modalité d’expression, mais d’analyser par un grand nombre de points de vue l’ensemble de ses résonances sémantiques au niveau même de l’épistémé, et de voir quelle fonction elle avait dans son évolution au cours des époques.

-La flèche dans le cœur dans la poésie amoureuse et spirituelle du Moyen Age au XVIIe siècle / La freccia nel cuore nella poesia amorosa e spirituale dal Medioevo  al Seicento, dir. Josiane Rieu et Anna Cerbo, Paris, L’Harmattan, « Thyrse » n°9, 2016 (171 p). Cette publication est le résultat de séminaires tenus à Nice et à Naples (université l’Orientale), avec qui nous développons un partenariat de recherches.De même que l’étude des notions, celle des topoi doit prendre en compte les différentes strates signifiantes qui se sont déposés au cours des réécritures, car il ne suffit pas de mentionner les sources, il faut comprendre comment les auteurs donnent un sens à cette leur orchestration, et à l’histoire humaine universelle qui y est impliquée. Au travers d’une simple allusion surgissent des polyphonies signifiantes qu’ils modulent et orientent selon leur nouveau dessein. Le topos de la flèche dans le cœur est suffisamment large pour être représentatif de ce travail d’enrichissement infini. Cf. J. Rieu, « La flèche dans le cœur : lieu commun ou lieu de communion dans la poésie spirituelle du XVIe siècle ? », dans ce même volume La flèche dans le cœur…, p. 109-133.

Les topoi de la poésie amoureuse transposés dans la poésie spirituelle peuvent prendre une fonction théologique et révéler une conception de l’intériorité :

-J. Rieu, « Le langage pétrarquiste de la poésie spirituelle : quelques recueils catholiques », Les écritures de la poésie religieuse, Journée d’étude internationale organisée par Véronique Ferrer et Barbara Marczuck, Université de Jagelone, Cracovie, 13 Avril 2012, Studia Litteraria Universitatis Iagellonicae Cracoviensis, 7 (2012), Krakow, p. 69-84. www.ejournals.eu/pliki/art/860/

-J. Rieu, « La scénographie de l'âme dans la poésie de Pierre de Croix », L'Unique change de scène : Écritures spirituelles et discours amoureux (XIIe-XVIIe siècle), Colloque international Université de Cracovie (9-10 octobre 2014), dir. Véronique Ferrer, Barbara Marczuk et Jean-René Valette, Classiques Garnier, 2016, p. 387-405.

D’autres études explorent l’image de la poésie au XVIe siècle, dans la representation générale du monde, et dans ses relations avec les arts :

- Josiane Rieu, « Littérature et harmonie du monde au XVIe siècle », НАУЧНЫЙ РЕЦЕНЗИРУЕМЫЙ ЖУРНАЛ, № 7 (228), « Гуманитарные науки, Филология, Журналистика, Педагогика, Психология », Вып. 29 Март2016, p. 60- 70.

-Josiane Rieu, « L’histoire des mentalités en littérature : l’imaginaire de la création au XVIe siècle »,Журнал Научныйрезультат. Серия «Вопросы теоретической и прикладной лингвистики»Выпуск № 3 / 2015, p. 93-99.Научная библиотека КиберЛенинка:http://cyberleninka.ru/article/n/l-histoire-des-mentalit-s-en-litt-rature-l-imaginaire-de-la-cr-ation-au-xvie-si-cle#ixzz41wsYb5jr

http://cyberleninka.ru/article/n/l-histoire-des-mentalit-s-en-litt-rature-l-imaginaire-de-la-cr-ation-au-xvie-si-cle.pdf

- Josiane Rieu, « Le rêve humaniste d’harmonie : musique et poésie au XVIe siècle », Ve centenaire des chefs d’œuvre de Louis Brea : entre gothique et Renaissance, éd. Luc Thévenon, Actes des conférences du Mois de l’art sacré organisés par le Cercle Brea, Théâtre de la Photographie et de l’image, Nice, 11 Janvier 2013, p. 136-149.

Ce qui reste à faire

Nous voulons poursuivre les études de notions ou de topoï au cours de l’histoire :

-volume dans les quatre ans sur La Beauté de la Création, (prolongement d’un colloque international tenu au Théâtre de la Photo et de l’Image, Nice, en Novembre 2012, qui a réuni littéraires, philosophes et théologiens), en articulant un volet de poésie des siècles anciens et de poésie moderne et contemporaine.

-volume prévu en 2018-19 sur La poésie comme entretien / La poesia come colloquio, à partir de séminaires en cours (2016-18) entre Nice et Naples l’Orientale. Cf. mission de Béatrice Bonhomme à Naples en octobre 2016, « Les entretiens de la Revue de poésie contemporaine Nu(e) de 1994 à 2016 : lignes de force et créativité ». La problématique a été ouverte à tous les siècles, de l’antiquité à l’époque contemporaine, pour poursuivre ce dialogue fructueux.

2) Les résonances spirituelles de la poésie

Si la critique en général a largement étudié les sources classiques des auteurs de la Renaissance, l’analyse des sources scripturaires et patristiques, tout aussi nombreuses, s’avère indispensable pour comprendre la réorientation des notions, et la hiérarchie interne des sources dans une même oeuvre. Selon les siècles, les sources spirituelles (au sens large) peuvent varier, se diversifier, mais leur présence continue dans l’histoire éclaire le mouvement même de la creation. Philippe Hadot a montré que les sagesses de l’Antiquité avaient aussi une dimension spirituelle, sinon mystique, que la critique aurait tort d’oublier. Il importe donc de pouvoir analyser ces résonances et comprendre quel est leur sens nouveau selon les contextes.

Ce qui a été fait

-Échos poétiques de la Bible, dir. Josiane Rieu, Béatrice Bonhomme, Aude Préta de Beaufort, Hélène Baby, Paris, Champion,  2012, (750 p.). Ce volume est le fruit de deux colloques internationaux (Nice et Paris IV), organisés en deux volets: un volet concerne les périodes de l’antiquité au XIXe siècle (organisé par J. Rieu), l’autre concerne les XXe et XXIe siècles (B. Bonhomme et A. Préta de Beaufort). Par cette articulation, nous avons voulu créer une dynamique de recherche commune qui dans le respect des spécificités de chaque période, engage un dialogue novateur entre les disciplines et les siècles. La question concernait les liens particuliers qui mettent en écho la poésie et la Bible, et la manière dont chaque poète se réapproprie la problématique de ces liens. Parmi les sources de la création, la Bible a une place à part : elle peut être considérée comme le « great code » (William Blake), la matrice de tout texte, ou de toute herméneutique. L’inspiration biblique a favorisé l’émergence de nouveaux genres littéraires comme les traductions, paraphrases, et toutes variations sur les textes, mais aussi a profondément marqué l’approche herméneutique de l’acte de lecture et d’écriture même. En quoi les principes d’interprétation qui lui ont été appliqués sont-ils eux-mêmes en écho avec le processus auto référentiel, et ont-ils donné lieu à une production poétique « en abyme » (images de l’écriture comme puits, source, arbre, corps…) ? Les théoriciens anciens ont parfois imaginé une source commune d’inspiration entre les rédacteurs de la Bible et les poètes (la poésie comme prisca theologia), et il existe une indéniable fécondité des images, des rythmes, du processus d’écriture même au sein des œuvres poétique, qui de près ou de loin se réclament de la Bible, notamment chez de grands poètes contemporains méconnus. Quels sont les échos de la Bible dans la production poétique, de façon plus large ?  Par souci de cohérence, nous n’avons retenu que les œuvres qui se réclament d’un lien explicite avec la Bible. L’approche chronologique a permis de faire dialoguer toutes les périodes jusqu’à la poésie contemporaine, et de l’éclairer d’un jour nouveau.

- L’analyse de la conception du langage poétique dans ses résonances spirituelles, et des liens entre esthétique et spiritualité de façon précise chez des auteurs du XVIe siècle, cf des articles de Josiane Rieu :

-« Les résonances ignatiennes de la « pure indifférence » chez Montaigne », Literatur und Moral, études réunies par Volker Klapp et Dorothea Scholl, Dunckier et Humblot, Berlin, 2011, p. 95-122.

- « Le « point d’équilibre » baroque : approches de l’esthétique de Sponde », Jean de Sponde (1557-1597) Un humaniste dans la tourmente, études réunies par Véronique Duché Gavet, Sabine Lardon et Guylaine Pineau, Classiques Garnier 2012, p. 131-151.

- « « Car l’amour est fort comme la mort » : Sponde devant la mort », Les écrivains devant la mort, dir. Laurent Versini, Travaux de Littérature publiés par L’ADIREL, TLXXV, Droz, 2012, p. 85-101.

- « « Fureur non pas fureur mais doux élancement » : la douceur dans le Miroir de l’amour divin de Pierre de Croix », De la douceur en littérature, de l’Antiquité au XVIIe siècle, colloque international CTEL Mai 2009, textes réunis par Hélène Baby et Josiane Rieu, Classiques Garnier, 2012, p. 205-221.

- « L’écriture artiste dans la poésie biblique : César de Nostredame » La langue de la Bible, Les réécritures littéraires (XIIe-XVIe siècle), Colloque international Université Michel de Montaigne  Bordeaux 3, TELEM EA 4195, organisé par Véronique Ferrer et Jean-René Valette, 7-8 Nov 2013, actes à paraître.

- « La temporalité du langage poétique comme mystère », Communication au séminaire Diptyque Dynamiques herméneutiques : Le discours mystique et la question du langage (XIIe-XVIe siècle), dir. Marie-Christine Gomez-Géraud et Jean-René Valette, Université Paris-Ouest Nanterre La Défense (Centre des Sciences de la Littérature Française),11 avril 2014. Actes à paraître.

Ce qui reste à faire

Nous voulons élargir l’étude de ces résonances, par des études précises d’auteurs et d’oeuvres de tous les siècles.

Nous avons prévu, dans les cinq ans, un grand colloque international sur « la poésie et le mystère », qui réunira les spécialistes de l’Antiquité à la modernité, pour explorer à la lumière de l’intertextualité, de la vie sous-jacente donnée par les sources littéraires et scripturaires, ainsi que des reflets réciproques apportés par les autres disciplines (art, philosophie, …) les potentialités supposées de la création poétique à ouvrir sur une réalité au-delà du visible et du conceptuel, à tisser des liens essentiels avec l’intemporel et l’infini.

II.  Conservatoire de poésie moderne et contemporaine

1)  “Creuser les filiations, l’exemple privilégié de l’influence de Pierre Jean Jouve sur la poésie contemporaine”

Ce qui a été fait

Cet axe n’a cessé de polariser son travail sur l’œuvre de Pierre Jean Jouve (la thèse de Béatrice Bonhomme lui étant consacrée). En témoignent quatre articles récents :

·          « Rencontre entre Mandiargues et Jouve », dans Plaisir à Mandiargues, Colloque du centenaire (1909-1991), Caen 14-17 mai 2009, Hermann 2011

·          « Proses de Pierre-Jean Jouve », dans Colloque : la poésie en prose au xxe siècle, Fondation des Treilles 26 septembre-2 octobre 2016, Les entretiens de la Fondation des Treilles, dir. Schnyder, « Cahiers de la NRF » Gallimard 2012.

·     « Jouve et le secret brûlant de la création : l’entre-deux poésie et prose ou la giration intervallaire » dans Cahiers Pierre Jean Jouve 3-2012 : Pierre Jean Jouve, vivre et écrire l’entre-deux, sous la direction de Dorothée Catoen, Paris, Éditions Calliopées, 2015, p. 143-150.

·     « Entre fécondité et mort : Jouve et le complexe de la Parque », dans Cahiers Pierre Jean Jouve 3-2012 : Pierre Jean Jouve, vivre et écrire l’entre-deux, sous la direction de Dorothée Catoen, Paris, Éditions Calliopées, 2015, p. 151-170.

       L’œuvre de jouve est une œuvre complexe qui conjugue, de manière encore déconcertante, méditation sur les enjeux de la pensée moderne, réflexion sur l’esthétique, confrontation avec la psychanalyse (suscitée par ses relations intimes avec Blanche Reverchon, traductrice de Freud), projet narratif d’un rénovateur du roman et de la nouvelle, ainsi qu’un puissant élan vers la libération du vers et l’apparition de formes poétiques modernes. Nous envisageons toutes ces facettes, y compris sa critique musicale, et les traductions qu’il a proposées de grands poètes européens. Depuis 2005, dans le cadre de la Société des lecteurs de Pierre-Jean Jouve, en patenariat avec le CTEL et l’axe POIEMA notre projet consiste à encourager la réédition de ses œuvres, leur traduction en langue étrangère, les travaux critiques portant sur elle. Deux numéros de la Revue Nu(e) ont été consacrés à Jouve : Relectures de P.J Jouve tomes 1 et 2, avec des travaux et entretiens de Salah Stétié et Yves Bonnefoy. La Société a organisé une ou plusieurs journées de colloque, à Paris IV, et Saorge, à Cerisy, à Arras en 2012, colloques qui rassemblent jeunes chercheurs et spécialistes confirmés. La Société a également créé Les Cahiers Jouve (éd. Calliopée) qui publient les Actes des Colloques précités :Jouve, poète européen en 2009, Intégrités et transgressions de Pierre Jean Jouve (2010). Un colloque Jouve est paru en 2015: Pierre Jean Jouve, Vivre et écrire l’entre-deux. On y retrouve ses amitiés, ses admirations, ses lectures, ses traductions, son itinéraire. Va paraître dans la revueLoxias un colloque sur les liens avec la Suisse et un travail sur Romain Rolland et Jouve

Ce qui reste à faire

       Nous avons prévu dans les cinq ans à venir la publication par les Cahiers Jouve d’un ouvrage collectif en collaboration avec les éditions de L’Atelier du roman et de l’université d’Arras :Pierre Jean Jouve, dans l’atelier de l’écrivain (vers 2019), Nous comptons que ces travaux rapprocheront de Jouve de nombreux jeunes chercheurs. Après un séjour effectué en 2010 aux Archives jouviennes de la Bibliothèque de Berne, et après la publication de deux articles nous voulons rédiger une série d’autres articles sur la Correspondance de Jouve dans un partenariat avec la Bibliothèque de Berne.

2) “Faire entendre la voix de la poésie vivante”

Ce qui a été fait

       La phrase-titre résume l’intention qui était la nôtre lorsque nous avons créé la revue Nu(e) il y a vingt ans, avec la collaboration d’Hervé Bosio. Sa longévité exceptionnelle (61 numéros déjà parus) prouve qu’elle répond à un vrai besoin. Chaque numéro est consacré à un poète contemporain, avec entretiens, inédits, articles sur l’œuvre, illustrés par des artistes de renom (Michel Steiner, Pierre Buraglio, Alexandre Hollan, Farhad Ostovani, Nasser Assar, Sonia Guerin, Yvon Vey-Pissarro…). C’est devenu une véritable galerie de poètes, dont certains sont incontournables ou de premier rang, Jouve, Bonnefoy, Deguy, Jacottet, Stétié, Butor, Réda, Guillevic, Gaspar, Noël, Zanzotto, Beck, Pinson…

       Parallèlement, dans le cadre du CTEL, nous avons organisé des colloques aux décades de Cerisy (Vargaftig, Sacré, Bancquart, Stéfan), à l’Université de Nice, (Bonnefoy, Meschonnic, Sacré, Vargaftig, Verdet, Temple, Dhainaut, Althen) et sous l’axe Poiéma : Serge Pey, Jacques Darras etc.

 DesActes des colloques qui se sont déroulés à Cerisy-La-Salle sont parus, pour lesquels nous avons à chaque fois rédigé la préface et un article :

·          Avec les poèmes de Bernard Vargaftig,éd. Vallongues, Méthode ! Revue de Littérature, 2009.

·          James Sacré, éd. La Lettre Volée, Revue L’Étrangère, n° 29/30, 2012.

·          Dans le feuilletage de la terre. Sur l’œuvre poétique de Marie-Claire Bancquart, éd. Peter Lang 2012.

·          Le Colloque de Cerisy-la-Salle consacré à Jude Stéfan sous le titre : Jude Stéfan, le festoyant français a été publié en 2014 aux éditions Champion.

En outre, parallèlement à divers articles comme celui consacré en 2016 au colloque de Cerisy à Jean-Paul Michel : « Dans l'éclat et la lumière de la rupture : une écriture de l'être et de la fulgurance », diverses contributions comme la communication au colloque organisé par Corinne Blanchaud à Paris, au moment du Salon de la Revue : Une nouvelle résistance : les revues de poésie de 1970 à nos jours, plusieurs ouvrages que nous avons consacrés à la poésie contemporaine sont parus : Francis Ponge ou la robe des choses, L’Harmattan, 2012 ; Dix entretiens sur la poésie contemporaine, La Lettre Volée, 2012 ; La poésie de Gabrielle Althen, Revue Nu(e) 2013. Les Actes du Colloque La poésie comme espace méditatif, organisé à l’Université de Nice, sont édités aux éditions Garnier en 2014. A été mis en place en codirection, à la Bibliothèque Francophone Multimédia de Limoges, en mai 2014, un colloque sur René Depestre, poète haïtien dont « l’œuvre-vie » rabelaisienne et la personnalité volcanique méritaient une étude approfondie. Bien que l’auteur ait reçu d’importantes distinctions (Prix Renaudot, Prix Apollinaire, Prix de l’Académie française), cela a constitué le premier grand colloque international sur son œuvre (publication Hermann, 2015). Un autre ouvrage d’actes de colloque en collaboration avec l’Université de Saint-Etienne vient de paraître sous le titre : « Le regard critique des poètes ou : Dire le réel aujourd’hui en poésie ». Quel regard la poésie porte-t-elle depuis les années 80 sur les réalités culturelles, sociales et économiques de notre temps ? Quelle capacité critique, quelle réflexion politique et éthique, quelle pratique scripturale, quels modes lyriques, quelles attitudes (retrait, engagement) peut-elle mettre en avant dans sa confrontation aux violences ordinaires de l’Histoire ? (Hermann, 2016).

Ce qui reste à faire

       Nous aimerions mener à bien la publication de quatre tomes supplémentaires des Entretiens avec des poètes contemporains, aux éditions La Lettre Volée. Béatrice Bonhomme compte également publier le tome 2 de Mémoires et chemins vers le monde, regroupant quinze femmes poètes contemporaines, et retraçant leur itinéraire poétique. Nous voulons aussi poursuivre aussi loin que possible l’aventure de la Revue Nu(e). Desnuméros de cette revue sont déjà programmés, jusqu’en 2020, un dossier sur André Velter, la Poésie roumaine, sur Richard Burns, sur Anne-Marie Albiach.

       Il faudrait aussi signalerle  partenariat pour le Colloque international : Nue : une revue, des voix, la poésie, organisé à Montpellier 3, sous la direction de Marie Joqueviel-Bourjea, la collaboration au numéro spécial Irish journal of french studies sous la direction de Michael Brophy par un article : « Présence (s ) du poème aujourd’hui », la participation au Numéro Europe dirigé par Michèle Finck sur Bonnefoy. Est prevue également une participation au colloque de jean-Michel Maulpoix sur l’Elégie et son rapport à la poésie contemporaine.

III.  La poésie n’est pas seule

1) “Souligner l’intéraction entre la poésie et les autres arts”

Ce qui a été fait

Le point de départ de la première réflexion se trouve dans la récurrence, chez nombre de poètes contemporains, de la comparaison entre langue et paysage, ce dernier terme appelant presque toujours la référence au visage, par effet de paronomase. De plus, le visage est ce qui s’offre à la vue, le paysage est « la partie d’un pays que la nature offre à l’observateur ». Pour étudier les enjeux de cette comparaison, la réflexion se partage en deux axes : a) la langue comme paysage/visage, son « iconicité », le même verbe (graphein) disant en grec l’écriture et la peinture, d’où une étude sur la calligraphie ; b) la mise en confrontation des thèmes communs à la poésie et la peinture, le « paysage », le portrait et l’autoportrait. Il en est résulté un ouvrage en collaboration :

·          Béatrice Bonhomme, Micéala Symington, Sylvie Puech : Le trait : langue, visage, paysage. De la lettre à la figure, éd. L’Harmattan, 2 tomes, Paris 2007. Ma contribution à cet ouvrage est le chapitre : « Salah Stétié, une poésie entre cercle et ligne ».

 Les images de Philostrate et son concept d’ekphrasis n’avaient pas encore donné lieu à une synthèse. Partant du postulat que cette œuvre crée un genre qui relève de ce que Jean-Marie Schaeffer nomme une « classe généalogique », nous avons étudié la naissance et les transformations de ce genre, à partir d’œuvres fictives ou réelles. Comme l’a été la réception de Philostrate, avec la traduction et le commentaire de Blaise de la Vigenère, le livre de Giambattista Marino, La Galleria, et l’engouement de Goethe pour cette œuvre, nous avons choisi une perspective diachronique et européenne. Pour vérifier le rôle fondateur de l’œuvre de Philostrate, nous avons étudié ses traductions, adaptations et réécritures, ainsi que les variations des œuvres, fictives ou réelles, invoquées, et l’espace qui les réunit, galerie, salon, atelier. D’où l’ouvrage :

·          Sylvie Puech, Béatrice Bonhomme, Philippe Marty, Musées de mots. L’héritage de Philostrate dans la littérature occidentale, éd. Droz, 2010, ma contribution s’intitulant : « Le roi Cophetua, nouvelle ou galerie de tableaux ».

Ce qui reste à faire

        Nous avons programmé, dans le cadre de l’Académie 5, avec Sandrine Montin, Béatrice et Bérénice Bonhomme un grand projet sur les rapports Poésie et Cinéma “Cinéma, opérateur poétique” en partenariat avec l’ESAV de Toulouse. Dans ce même cadre interdisciplinaire, “Articuler danse et poème” avec des collègues du département des Arts aura lieu en 2017. Un projet “Poétique du Design” en collaboration avec une Ecole de Design est en train de voir le jour. “Poésie et Mathématiques” est actuellement en discussion avec Cédric Villani.

2) “Mettre en lumière bilinguisme et intertextualité”

       Ce qui se passe dans le feuilletage babélien de la pensée selon des langues vernaculaires, se retrouve dans le feuilletage d’échos d’une œuvre à l’autre, chaque grande œuvre poétique pouvant s’interpréter comme l’invention et la pratique d’une langue originale et inimitable. Ce chapitre se partage en trois sous-parties, portant le « parcours » de l’œuvre dans l’espace et dans le temps, selon des problématiques très fortement liées. La première concerne l’intertextualité, la deuxième, la traduction, la troisième, la dimension internationale de la langue poétique.

Ce qui a été fait

       Nous avons d’abord tenté de serrer de plus près le terme même d’intertextualité. Car le flou, de Kristeva à Barthes (Théorie du texte) et Genette, n’a pas été conjuré. Et Lautréamont, dans sa pratique mettait à mal les notions d’auteur, de propriété, d’invention. D’où la formule de Bellemin-Noël : « le terme d’intertextualité a besoin d’être remis à sa place ». Il propose : « interlecture ». Sophie Rabaut insiste : « si le sens des textes résidait non dans ses causes extérieurs mais dans le rapport que les œuvres entretiennent entre elles ? ». Nous nous en sommes tenus à l’idée de texture entrelacée et de génération des textes dans l’hypotexte. Ce qui fait en quelque sorte de l’intertextualité une série de « traductions ». Nous avons ainsi supposé la présence d’un hypotexte philosophique (« Poète, il te faut une philosophie forte ! » dit Octavio Paz, et Stétié : « la philosophie est le squelette de la poésie »). Cela donné lieu à un Colloque commun aux départements de Philosophie et de Littérature à l’Université de Nice, et à une publication : Béatrice Bonhomme et André Tosel, La philosophie du XXème et le défi poétique, Revue Noésis, Noésis-Vrin  (nous avons contribué d’une préface et d’un article : « la poésie et le lieu »). Nous avons participé à l’ouvrage collectif dirigé par Corinne Bayle (ENS de Lyon), Poète cherche modèle (PUR) par le chapitre : « Jouve et Hölderlin ». Un autre thème, le récit intertextuel, a porté notre contribution (« La rédification des contes ») à l’ouvrageChants populaires de Philippe Beck, suite à un Colloque de Cerisy de 2013, dir. Gérard Tessier, (Corti, 2014). Différentes pistes, cultures en contact, comparatisme, francophonie, Orients, dialogues, ont abouti à un livre commun : Micéala Symington et Béatrice Bonhomme, Libres horizons. Pour une approche comparatiste, collection « Lettres francophones, Imaginaires », (L’Harmattan). Lié à un colloque de 2011, « D’une langue à l’autre », un événement scientifique soutenu par trois Départements et trois Centres de recherche, en partenariat avec Grenade (venaient de cette ville de nombreux universitaires, un metteur en scène, une assistante de mise en scène, un traducteur), un autre livre est paru en 2012 : Jean-Pierre Triffaux, Christine di Benedetto, Béatrice Bonhomme, Babel revisitée. L’intervalle d’une langue à l’autre, du texte à la scène, éd. L’Harmattan. La notion de rythme nous a paru si importante dans la traduction que nous en avons dirigé et publié une étude, en collaboration, parue aux éditions Champion : Béatrice Bonhomme, Micéala Symington dir., Le rythme dans la poésie et les arts. Interrogation philosophique et réalité artistique. Dans cet ouvrage, les collaborateurs ont soulevé des croisements très intéressants entre philosophie et poésie. Nous citons en particulier le rythmos comme « forme stable » et « flux », selon qu’on considère son étymologie ou sa sémantique, le lien entre parole et musique dans le travail de Lohmann, Mousiké et logos, le « leibnizianisme poétique », les « multiplicités » riemaniennes etc.  Nous avons coordonné un séminaire et un autre travail autour de la traduction : Béatrice Bonhomme et Micéala Symington, dir. Le rêve et la ruse dans la traduction de poésie, Champion 2008. Ici encore beaucoup d’inventions de concepts. La traduction ne peut se contenter d’une équivalence sémantique. Elle doit faire passer un monde dans un autre, qui « sonne » comme lui. Nous avons fait intervenir la réflexion essentielle de Deguy sur le « comme » et le « sème médiateur ». La multiplicité des sens, des souvenirs, des idéats qui sont engagés dans la lecture d’un poème, doivent trouver une transposition « globale », on pourrait presque dire « unanimiste, continuiste », dans le nouveau poème qu’écrit le traducteur.

3) “Valoriser la dimension internationale”

Ce qui a été fait

       En partenariat européen avec le Centre du département d’études françaises et francophones de l’Université « Lucian Blaga » de Sibiu (Roumanie), nous avons organisé un séminaire Bilinguisme, double culture, littératures, avec une post-doctorante roumaine et une collègue roumaine de Sibiu, autour des problématiques du bilinguisme littéraire et du dialogue interculturel, de la traduction et de l’auto-traduction, des perspectives théoriques sur le bilinguisme littéraire, qui a donné lieu à une publication : Maria-Cristina Pirvu, Dumitra Baron et Béatrice Bonhomme, Traversée poétique des littératures et des langues, (L’Harmattan, 2013). Dans cette perspective d’échanges internationau,  nous avons participle à un atelier de recherche commun à Cambridge et Oxford sur les relations entre poésie, philosophie, politique. Le non-savoir de l’anti-discours poétique, « lieu hors de tout lieu » (Esteban), tient peut-être en réserve une réinvention de la relation du sujet au monde. Le lancement de cette recherche a été effectué par Michael Kelly, Hugo Azérad, et d’autre part Nina Parisch (University of Bath) et Emma Wagstaff (University of Birmingham) sous le titre : Poetry/Philosophy/Politics, Atelier de recherche AHRC Research Network Workshop, Maison Française d’Oxford.  Nous y avons participé par un article sur la poétique de Philippe Beck.

« Babel revisitée » a donné lieu en 2014 et 2015 à deux autres colloques suivis de publications. Sous le titre Spectacles et carnavals. Place et enjeux de l’humain, de la poésie et des technologies, avec un lien fort aux carnavals de Nice et de Rio (Association Brasilazur).

Ce qui reste à faire

       La suite des travaux sur le bilinguisme donnera lieu à la création d’un site web, à la rédaction d’un dictionnaire du bilinguisme littéraire, à l’organisation d’un Colloque international en 2019. Des chercheurs italiens, grecs, allemands, russes, rejoindront l’équipe franco-roumaine pour un échange prometteur.

       Ensuite sous un troisième intitulé : Babel Blasphémée  va paraître chez l’Harmattan, qui regroupe les thématiques du théâtre, du renversement du Haut dans le Bas du mystique et de l’érotisme.  On peut noter une ouverture vers le domaine pédagogique avec une participation au séminaire international Poésie et Ecole sous la direction de Jessica Choukroun et Christian Jacomino par une communication : « Importance de l’oralité et de la récitation de la Poésie à l’Ecole ».

Conclusion

       À travers ce projet, nous voulons montrer, par la mise en place d’actions précises et de publications personnelles comme collectives, que la poésie est vivante et qu’elle renvoie à l’idée de mémoire et de communauté, la langue étant d’abord élément de communauté. De la mémoire intertextuelle, de la traversée des autres arts et des autres disciplines jusqu’au présent de notre poésie contemporaine, notre activité et notre projet de recherche se recentrent autour de cette décision de faire entendre et connaître, comme un art vivant, la voix de la poésie contemporaine et de mettre en lumière sa dimension esthétique, philosophique et éthique. Nous voulons lier mémoire et temps présent, interrogation sur les concepts mis en jeu par la poésie et circulation des textes les uns à travers les autres, bilinguisme, problématique de la traduction et communauté internationale. La poésie est pour nous un défi, un enjeu primordial du contemporain. C’est un projet ambitieux, de longue haleine, déjà engagé par les multiples travaux personnels et collectifs que nous avons menés à bien et que nous poursuivons en intéraction permanente  avec l’axe sur les arts vivants et les différents axes portant sur l’idée de comparatisme, de communauté et de traversée du genre poétique transéculaire.  

 

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Activités 2006-2011